Le bol de Chine; ou, divagations sur les beaux-arts by Pierre Mille

(4 User reviews)   1104
By Donna Ferrari Posted on Jan 12, 2026
In Category - Budgeting
Mille, Pierre, 1864-1941 Mille, Pierre, 1864-1941
French
Hey, I just finished this fascinating little book from 1913 called 'Le bol de Chine.' It's not your typical art history text. Imagine a French journalist sitting in his study, holding a simple Chinese porcelain bowl, and then just... wandering. His mind drifts from ancient Chinese pottery to European painting, from museum galleries to the streets of Paris, all while questioning what makes art truly 'beautiful' across different cultures. It's less about answers and more about the delightful, meandering questions themselves. If you've ever looked at art from another culture and wondered 'Why is this considered great?', this book feels like having that conversation with a witty, slightly skeptical friend from another century.
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muscles, une charpente, une pulpe vivante, des accents qui se révèlent. Oh! la joie, le pouvoir, la «connaissance» qui se cachaient dans mes mains, et que j’ignorais! Mais alors que j’ai des mots qui attribuent des causes aux voluptés de mes yeux, qui «nomment» des détails, définissent des caractères, motivent des sensations, ici je ne puis aller plus loin--je n’ai plus de langage parce que je n’ai plus d’idées: seules des impressions infiniment profondes, infiniment vagues, indéfinissables, obscures. Que m’importent le son, la forme, la couleur, La beauté qui me cache, en dansant, les abîmes! Je ne perçois l’objet que dans sa pesanteur. vient d’écrire Georges Chennevière dans des vers qui marquent une façon neuve de sentir. Toute neuve, oui! Mais c’est pourquoi ce poète ne précise guère davantage, c’est pourquoi nul ne saurait préciser davantage: émotion mystique du toucher, en laquelle n’est pas encore descendue l’analyse. Je suis né, nous sommes tous nés ne connaissant d’abord l’univers que par nos mains tremblantes, ardentes, indécises, toujours tendues: des combinaisons de poids, de volume, de toucher et de forme, puis le mariage de ces combinaisons avec des impressions de couleur et des calculs de distance, tels furent nos débuts dans la vie sensitive. De tous nos sens le tact fut celui qui s’éveilla le premier; mais notre bouche n’exhalait encore que des vagissements inutiles, et quand nous sûmes parler, nos yeux seuls restèrent conscients, avec nos oreilles, notre goût, notre odorat: eux seuls apprirent à s’exprimer, alors que les sensations du toucher s’enfonçaient dans les profondeurs de notre inconscient: elles y demeurent larvaires, avortées, indéveloppées, parce qu’elles sont muettes et sourdes. Comptez le nombre des mots, des métaphores, des images qui dans notre langue et dans toutes les langues se rattachent au toucher: que la tribu vous en va sembler misérable! On dirait même qu’elle est sur le point de disparaître, qu’elle s’appauvrit, dégénère. C’est que jamais nous n’enrichissons nos impressions de tact par elles-mêmes, en les analysant, en les creusant, en les définissant dans leurs qualités essentielles ou particulières, mais par des emprunts au vocabulaire des autres sens, par une mosaïque de cailloux volés dans d’autres carrières, et sous laquelle ces impressions restent écrasées. Dites-moi s’il est un amant, à moins qu’il ne soit aveugle--ou peut-être sculpteur,--qui, dans l’obscurité d’une nuit sans astres, puisse reconnaître, au seul savoir de ses mains, le visage de sa maîtresse? Et pourtant... pourtant ce sens négligé reste à la base, c’est lui qui supporte tous les autres, qui «cause» tous les autres; sans lui tous les autres ressemblent à un homme sans squelette. Mais si c’était pour ce motif même qu’on le néglige, _qu’on le tait_, par une sorte d’involontaire pudeur, comme s’il portait en lui quelque chose de si solennel, intime, profond, qu’il en devient obscène, et qu’il paraisse qu’il faille n’en point parler? Il est l’émanation la plus directe de nos corps, il est comme nos corps mêmes, il participe à leur nudité, il est nu--peut-être fait-il peur! Et alors il est proscrit. Proscriptions dont n’osèrent point appeler les plus hardis poètes, les plus furieux contempteurs des plus antiques lois morales, ceux enfin qui se vantèrent de glorifier les sens, tous les sens, et d’évoquer les échos pour lesquels il s’assemblent, s’unissent et se complètent: Les parfums, les odeurs et les sons se répondent. Il n’est pas question du toucher! Il est caractéristique même qu’à aucune autre époque de notre littérature le toucher n’ait été plus dédaigné qu’à celle du sensualisme romantique. A tous autres égards et dans tous les autres domaines, si le romantisme n’a point apporté beaucoup d’idées, il a...

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Published in 1913, Le bol de Chine isn't a novel with a plot in the traditional sense. Think of it as a series of thoughtful, connected essays sparked by a single object. Pierre Mille, a well-traveled journalist, uses a simple Chinese porcelain bowl as his starting point. Holding it, he begins to question everything he's been taught about Western art. The 'story' is the journey of his thoughts as he compares artistic traditions, pokes fun at art critics of his day, and wonders if beauty is universal or something shaped entirely by our own cultural lens.

Why You Should Read It

What I love about this book is its refreshing lack of pretension. Mille doesn't lecture; he muses. He writes with the curiosity of an amateur in the best sense—someone who loves art but isn't bound by rigid academic rules. His observations feel surprisingly modern as he grapples with how we appreciate (or fail to appreciate) art from cultures not our own. Reading it is like getting a peek into the mind of a sharp, cosmopolitan observer from over a century ago, realizing that our debates about cultural value and artistic 'greatness' have been going on for a long, long time.

Final Verdict

This is a perfect book for a contemplative afternoon. It's for readers who enjoy history, art, or cultural essays but want something personal and conversational, not dry. If you liked the reflective style of Alain de Botton or the curious wanderings of a book like 'The Hare with Amber Eyes,' you'll find a kindred spirit in Pierre Mille. Just be ready for a slow, thoughtful stroll through a gallery of ideas, not a dramatic race to the finish.



✅ Usage Rights

This publication is available for unrestricted use. Feel free to use it for personal or commercial purposes.

Brian Brown
5 months ago

Initially overlooked, this book the interplay between the protagonists drives the story forward beautifully. A perfect companion for a quiet weekend.

Richard Clark
1 month ago

At first glance, the content encourages further exploration of the subject. This felt rewarding to read.

Noah Hernandez
3 months ago

I have to admit, the attention to historical detail adds a layer of realism that is rare. Truly inspiring.

Oliver Sanchez
5 months ago

After finishing this book, the material builds progressively without overwhelming the reader. This turned out to be a great decision.

5
5 out of 5 (4 User reviews )

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